dimanche 16 août 2020

Vivre avec la SEP - la difficile introspection

 


Une des choses que provoque à un moment donné la sclérose en plaques est un travail sur soi. Alors vous me direz, tout le monde peut faire son introspection, le confinement a sans doute permis cette réflexion pour beaucoup d'entre nous. Mais dans le cas d'une maladie auto-immune et pour l'instant incurable, votre rapport à la vie change. Toute introspection est difficile et revenir à un dialogue avec son corps et son esprit s'avère souvent compliqué. 


Dans le cas de la SEP, c'est une étape que j'ai personnellement trouvée fondamentale dans le chemin vers l'acceptation de la maladie. Votre corps a changé, vos rêves, vos certitudes potentiellement également et souvent votre vision de la vie. Paradoxalement, d'une certaine manière vous vivez le sentiment d'effondrement d'un monde et une incompréhension avec votre propre corps. Pourquoi entreprendre une démarche d'introspection à ce moment-là pour mieux connaître ce corps défaillant et comment gérer ce temps avec soi-même ? L'introspection vous permet d'analyser en quoi votre vie a changé et en quoi votre physique a évolué. Même si vous avez dû changer ou arrêter votre emploi ou certaines activités, le dialogue avec vous-même vous permet d'avoir une connaissance fine de vous-même, de savoir ce que vous considérez comme une situation facile à gérer ou au contraire très difficile. S'auto-analyser vous permet de décupler votre capacité d'adaptation en toutes circonstances. La SEP étant évolutive, il est important de se mettre régulièrement à jour et de s'écouter beaucoup plus que tout ce que vous avez pu faire dans votre vie auparavant. La sclérose en plaques est la maladie de l'imprévisible et savoir progressivement de mieux en mieux vous gérez est d'une utilité inestimable. Ce temps avec vous-même vous démontre également que tout ne devient pas impossible avec la maladie. Vous êtes en mesure de relativiser. Vous renforcez également votre relation aux autres en améliorant votre détachement et votre empathie. 

Comment procéder ? Un certain nombre de personnes prennent un moment seul pour le faire, un voyage seul, une retraite dans un monastère,...bien évidemment si vous avez des enfants cela peut être complexe mais méditer 15 à 30 minutes par jour et s'accorder ce temps avec soi-même.  Il y a des exemples de ce travail sur soi remarquable comme le voyage de Marine Barnerias, raconté dans le livre Seper Héros où cette sépienne a pris le temps de voyager seule pour mieux connaître son corps son esprit et son âme et fait preuve aujourd'hui d'une extrême maturité qui l'a propulsée présentatrice sur France 3 à moins de trente ans malgré la maladie. Il y a d'autres malades qui se lancent des défis sportifs seuls qui leur permet également d'effectuer ce travail. Cependant, si la maladie ne vous permet plus de bouger comme vous le souhaitez, accordez-vous du temps. Expliquez à vos proches que vous avez besoin de ce temps seul pour votre équilibre soit au travers de la méditation soit au travers d'une activité que vous ferez seul. Cela vous permet de vous retrouver. Au départ cela peut être très éprouvant mentalement surtout si vous avez rarement été seul. La maladie vous donnera beaucoup de moments de solitude et pouvoir les gérer en ayant travaillé en amont sur son rapport à soi vous aidera grandement. L'important est de grandir en s'écoutant, de savoir s'extirper de sa vie et de mettre pause régulièrement, de prendre du recul, de se dire ce que l'on souhaite avec la maladie et comment construire sereinement son nouveau chemin.

Prenez soin de vous et à bientôt.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.